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Scolarisation, un droit pour tous les enfants ?

3 Juin 2014 , Rédigé par Sonia DAHOU Publié dans #Education, #conseil municipal, #, Les Ulis

Scolarisation, un droit pour tous les enfants ?

Au dernier conseil municipal, Le groupe de l’opposition de gauche a souhaité alerter l’ensemble des élus de la majorité au sujet de décisions, qui pour certaines d’entre elles ont déjà pris la forme d’instructions ou de consignes dans le traitement par l’administration communale de certaines demandes de scolarisations d’enfants en maternelle, à la cantine ainsi que dans les centres de loisirs municipaux.

Lors de la dernière commission éducation ont été évoqués par la présidente et les représentants de la majorité municipale des changements radicaux qui ont pour conséquence le non scolarisation en maternelles des enfants dont les parents sont hébergés

Sans vouloir entrer dans une polémique quelconque sachez qu’en France au-delà de la scolarisation dite obligatoire, l’éducation est un droit et on ne saurait lorsque l’on est un élu républicain exclure quel qu’en soit la raison des enfants de l’école de la république

Si de manière effective et continue l’administration communale sur les injonctions de l’autorité territoriale interdit l’inscription des enfants à la maternelle, à la cantine……alors même que la ville dispose de tous les moyens éducatifs pour accueillir tous les enfants, la ville risque d’avoir un contentieux sur le caractère discriminatoire de telles décisions qui ont pour seules motivations la condition sociale des familles concernées……

Nous, élus de l’opposition de gauche, dénonçons avec la plus grande vigueur ces décisions qui tendent non seulement à exclure des enfants de l’accès à l’éducation mais qui également stigmatisent des familles entières en les montrant doigt

Tant sur la forme puisque aucun débat ni aucune discussion en assemblée délibérante n’ont été à l’ordre du jour…..que sur le fond ….. Je demande aux élus de la majorité de ne pas continuer à mettre en œuvre ces mesures, notre ville, ses habitants n’ont nul besoin que l’on les catégorise qu’on les mette dans des cases, que l’on pénalise les plus fragiles d’entre nous : l’égalité d’accès au service public doit rester notre maitre mot….surtout en cette période où l’extrême droite dans notre pays connait des record de popularité….

Vous trouverez en pièce jointe l’intervention d’Annick Le Poul en conseil municipal et notamment les réponses de la majorité municipale à nos questions. …

Pour info, il semblerait que les temps d’activités soient positionnés les jeudis après-midi et non plus comme nous l’avions proposé les mardis et vendredis. Nous devrions recevoir une lettre d’information courant juin.

 

 

 

 

Intervention d'Annick Le Poul

 

J’aimerais complété ces propos par une dimension non présente dans la note, mais qui est un axe fort demandé aussi bien par l’ACSE que par la CAF, que nous avons développé fortement sur notre ville, bien avant ces demandes, telle qu’elle nous apparaissait comme fondamentale, je parle de la parentalité, le lien parents / institutions est primordial, mais tellement ténu, replacer le parent au cœur des dispositifs et au cœur de la réussite de l’élève est une nécessité pour appréhender l’enfant dans sa globalité.

Puisque nous sommes dans le cadre du CLAS, je vous donne en exemple, les entraides parents/enfants démarrées en janvier 2013 à Courdimanche, chaque vendredi soir, spécifiquement réservé aux enfants accompagnés obligatoirement d’un parent, par petit groupe de 5 à 8 enfants (+parents) encadrés par nos professionnels bien sur. La réussite a été immédiate, les parents se sont appropriés ou réappropriés le rôle d’éducateur, certains pouvaient se sentir dépassés ou pas forcément à la hauteur, pensaient ne pas avoir les capacités, mais chacun a vécu cette « expérimentation »  comme un moment de lien privilégié avec leur enfant. Le regard de l’enfant sur son parent a changé, le parent s’est senti conforté dans son rôle et ses capacités. Des mamans qui vivaient un peu en « recluses » chez elle, ont ainsi réappris à sortir, à aller vers les autres et à participer à des activités de la MPT. Au vu des résultats et de la demande, dès la rentrée de septembre 2013, nous avons donc ouvert cette entraide 2 soirs par semaine au lieu d’un et également ouvert une telle entraide au CLAS des Amonts.

Pour terminer sur ce point, je voudrais rajouter que cette entraide a été initié suite à la demande de parents via la maison des parents.

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Autre point, tout aussi important dans le cadre de la réussite éducative sur notre ville, c’est la scolarisation des enfants de moins de 3 ans. Scolarisation qui au fil des années Sarkozy s’est réduite à une portion congrue, puisque nous sommes passés d’environ 100 enfants préscolarisés dans les années 2002/2003 à seulement 20 enfants en 2012, dans une seule classe dédiée au Bosquet. Il est pourtant prouvé que cette préscolarisation est un vrai plus pour les enfants les plus en difficultés (ou les plus socialement défavorisés, l’on peut comprendre pourquoi..).

Dans le cadre de la réforme de l’école, un axe scolarisation des moins de 3 ans a été initié par le Ministère de l’Education Nationale, mais il peine à se développer, à se mettre en place efficacement, je dois dire qu’il faut une vraie volonté des élus locaux pour que cela avance.

A la rentrée 2013, nous avons tant bien que mal, obtenu la scolarisation de 12 enfants de plus sur la ville dans le secteur Bergères/Tournemire, malheureusement pas dans des classes dédiées, mais en plus dans des classes de petites sections, donc pas forcément dans les meilleures conditions, une classe dédié permettant d’adapter un rythme et des activités spécifiques. En ce début d’année, nous étions en pourparlers avec  Mme Trésalé, L’IEN mandatée spécifiquement par le DASEN de l’Essonne sur ce sujet, je l’avais rencontrée par deux fois entre janvier et février, elle était convaincu du bien-fondé  de l’intérêt de la préscolarisation surtout en classe dédiée, et dans ce cadre il était envisagé d’ouvrir une 2 ème classe à Bergères/Tournemire.

 A ce jour les effectifs sont limites sur ce secteur, il est donc important de solliciter à nouveau le DASEN de l’Essonne pour éviter une fermeture sur B/T et ainsi permettre la scolarisation de ces enfants dans des conditions acceptables.

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Dernier sujet et non des moindres sur la réussite éducative de nos jeunes ulissiens, de tous nos jeunes ulissiens y compris les enfants résidents sur cette ville à titre provisoire ou non.

J’avoue avoir été stupéfaite lundi soir lors de la première commission éducation, par des décisions d’un autre âge que je croyais révolu, et qui se profilent, à tel point que je me suis fait confirmer par 3 fois ces points. Si j’aborde ce sujet ici ce soir, c’est que pour chacun d’entre nous, mes chers collègues, soyons au même niveau d’information et en pleine conscience des décisions que vous allez devoir prendre lors du bureau municipal du 3 juin prochain.

Je parle de la scolarisation des enfants hébergés sur Les Ulis, ainsi que l’accès à la cantine pour ceux qui en feraient la demande.

A ma question : sur la scolarisation des enfants de maternelle, il m’a été répondu 3 fois :

  • On scolarise l’enfant s’il y a de la place dans l’école de son secteur
  • On ne scolarise pas l’enfant s’il n’y a pas de place dans l’école de son secteur (alors qu’il y a toujours de la place dans une des 15 maternelles de la ville, c’est ce que nous avons toujours fait !)

A ma question : sur l’accès à la cantine, il m’a été répondu :

  • On accepte l’enfant si le/les parents travaillent
  • On refuse si le/les parents ne travaillent pas,

Ce qui, de fait, exclus les enfants de chômeurs/demandeurs d’emplois, les réfugiés politiques, les sans papiers.

A ma question : sur le calcul du quotient familial appliqué aux familles hébergés, il m’a été répondu :

  • Que désormais il serait retenu le revenu des hébergeants en plus du revenu des hébergés pour le calcul du QF, choses qui n’était plus faite depuis 2008.

J’ai, également,  parlé des droits de l’enfant, dont le principe fondamental, je vous le rappelle, est le droit à l’éducation, que l’enfant doit être protégé contre toute sortes de discrimination ou de sanctions motivées par la situation précaire ou juridique de ces parents.

  •  Et que me répond-on : Devoirs !
  • Devoirs des parents ! Devoirs des enfants ! Pour moi le devoir d’un enfant c’est de grandir, de s’épanouir, d’apprendre et pour cela l’école de la République est la plus apte, enfin d’être heureux comme n’importe quel enfant de son âge et cela sans exclusion !

Ce soir, je vous pose la question : un enfant doit il être coupable de la précarité de ces parents ? Ces enfants vivent, pour certains, déjà des situations parfois intolérable de déracinement, d’exclusion, faut-il en rajouter ?

Personnellement, avant 2008, j’avais entendu cette phrase dans mon bureau : « Maman, pourquoi moi j’ai pas le droit d’aller à l’école avec les autres », je m’étais promis qu’un enfant ne pose plus jamais cette question, ici chez nous, aux Ulis !

Quand on parle d’hébergés, on parle de toute personne n’ayant pas un toit en propre, aussi bien des étrangers en situation régulière comme irrégulière, mais aussi de citoyens français ayant perdu leur logement ou n’ayant jamais pu en obtenir un, de personnes ayant vécu une séparation et se retrouvant obligés de revenir dans leur famille avec leurs enfants. Nous avons tous les cas de figure sur notre ville. Se sont la plus part du temps des situations non choisies, des situations ayant parfois brisées des personnes, que cela soit d’avoir fui son pays en guerre, ou un pays ne pouvant subvenir à une vie décente, ou tout simplement d’avoir perdu son emploi. Beaucoup de raisons inhérentes à notre vie actuelle qui fait fi de l’humain au profit d’intérêt bien moins glorieux. Doit-on faire le « tri » entre ces personnes celles acceptables et celles rejetées ?

Ce n’est pas de charité dont on parle ici, mais de solidarité, c’est là toute la différence. Comment juger de l’évolution, de la maturité d’une société, si ce n’est de par sa faculté à intégrer chacun des êtres qui la compose sur un pied d’égalité, à soutenir les plus faibles, sans jugement de valeur, d’une façon juste et équitable.

Certaines de ces situations sont aussi le fruit d’une coopération nord/sud qui s’amenuise d’année en année (là encore je parle d’une vraie coopération et pas de bienfaisance). L’idéal serait que des populations entières ne soient pas obligées de migrer, mais puissent rester dans leur pays d’origine par le biais d’accords respectant toutes les parties. Mais non, nous privilégions des accords plus lucratifs, par exemple un axe ouest/est en ayant le regard rivé à l’ouest et ce que peut nous promettre, tel un chant de sirène, un accord transatlantique qui ne fera qu’accroitre les inégalités, déjà, au sein de ce grand marché, mais surtout en dehors, les riches toujours plus riches les pauvres toujours plus pauvres !

Mais nul besoin d’aller si loin, juste au-delà de nos frontières, c’est également au sein de l’Europe qui est malade des décisions prises que les difficultés s’aggravent, tel ces hébergés du Portugal ou d’Espagne qui viennent grossir les rangs, jamais auparavant nous n’avions eu des personnes de ces pays dans les hébergés ulissiens.

C’est donc bien en amont que des solutions, des réponses, doivent être recherchées.

A notre niveau ce que nous pouvons nous faire ? Entre autres, c’est rencontrer les associations ou organismes tel le SAMU social, et autres, pour obtenir d’eux une meilleure répartition géographique des populations concernées. C’est ce que nous avions fait en 2008, probablement faut-il le refaire ?

Donc mes chers collègues, lors de ce BM du 3 juin, prenez les bonnes décisions en ayant à cœur de privilégier l’intérêt de l’enfant avant toutes considérations pécuniaires (même si bien sur nous devons les avoir en tête pour une gestion saine des deniers publics).

Pour finir, je dirais ces quelques mots de Maxime Le Forestier, qui prennent tout leur sens :

On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille

On choisit pas non plus les trottoirs de Manille, de Paris ou d'Alger, pour apprendre à marcher

 

 

Les Ulis est une ville solidaire, gardons là comme telle !

 

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